Milieux ForEStiers
Le Lynx boréal
Disparue au cours du XXe siècle sur le territoire national à cause de la chasse et de la dégradation de son habitat l’espèce a fait son retour en 1974 dans le massif jurassien.
Il s’agit d’une espèce solitaire dont le territoire vital d’un individu est en moyenne de 100km². Le lynx est un carnivore strict, dont les proies peuvent varier en fonction de leur abondance. Le renard, le blaireau, le chevreuil, le chamois, les petits mammifères et les oiseaux font partie des nombreuses proies potentielles. Incapable de poursuivre une proie sur une longue distance, le lynx chasse principalement à l’approche.

Le lynx est présent sur la commune d’Onoz depuis plusieurs années. En février 2019, une mère et ses deux jeunes ont été observés ; attestant de la reproduction de l’espèce sur la commune. Cependant, le lynx reste une espèce très discrète et présente en faible densité, donc difficile à observer. Toutefois, lorsqu’il croise le chemin d’un être humain, il est généralement très peu farouche et se laisse observer.
La chevêchette d’Europe et la chouette de Tengmalm
Considérées comme des reliques du dernier âge glaciaire (~ -10 000 ans), ces deux espèces sont principalement présentes dans les zones froides du nord de l’Europe ou dans les massifs montagneux. Leur présence est intimement liée à celle des pics dont les cavités creusées dans les arbres (aussi appelées loges) sont utilisées pour faire leur nid. Les micro-mammifères et les petits oiseaux sont respectivement pour la chouette de Tengmalm et la chevêchette d’Europe la principale ressource alimentaire. Peu farouche et diurne, la chevêchette peut être observée en plein jour. A l’inverse la chouette de Tengmalm est plus discrète et strictement nocturne.
En 2020, une étude menée en partenariat avec des étudiants de l’Université de Lyon, a permis de confirmer l’installation des deux espèces sur la commune et d’améliorer les connaissances sur leur répartition au sein du site Natura 2000 Petite Montagne du Jura.
îlots de sénescences
Les îlots de sénescence, mis en place dans le cadre de contrats Natura 2000, ont pour objectif de laisser évoluer librement les écosystèmes forestiers en arrêtant la gestion sylvicole pendant 30 ans. Cette interruption permet à la forêt de vieillir au-delà de l’âge d’exploitabilité des arbres. Cela favorise des peuplements forestiers avec des volumes de bois mort au sol et sur pied importants, des classes d’âges hétérogènes, des arbres sénescents présentant souvent des morceaux d’écorces décollés ou des branches mortes et des fissures dans les troncs et les branches.
Ces caractéristiques permettent l’installation de groupes faunistiques spécialisés comme les insectes saproxyliques dont les larves consomment le bois mort et constituent par ailleurs une ressource alimentaire pour de nombreux oiseaux. C’est notamment le cas des pics, qui avec leur bec, perforent le bois pour atteindre les larves. Ils créent aussi des cavités dans le tronc des arbres pour y faire leur nid. La présence de fentes ou de gouttières, provoquées par une « blessure » sur un tronc ou une branche, présentera un intérêt pour les chauves-souris forestières qui les utiliseront pour hiberner.
Milieux ouverts
En 2018, une étude cartographique a mis en évidence la présence de 7 habitats d’intérêt communautaire que l’on peut classer en quatre grands types de milieux : les prairies humides, les prairies de fauche, les pelouses sèches et les marais. Rares et/ou menacés à l’échelle européenne, ces habitats possèdent un cortège floristique spécifique et souvent diversifié. Leur conservation est étroitement liée au maintien de pratiques agricoles extensives telles que la fauche tardive, l’absence ou le faible apport d’intrants et un nombre d’animaux au pâturage limité.
Pelouses sèches
Plusieurs espèces d’oiseaux sont intimement liées à ces milieux comme l’engoulevent d’Europe, oiseau insectivore nocturne, qui recherche la structure hétérogène des pelouses sèches pour dissimuler son nid et se cacher lors des phases de repos diurne. Riches en insectes, ces milieux constituent également une ressource alimentaire importante pour cette espèce. L’azuré de la croisette, un petit papillon bleu, est aussi une espèce emblématique des pelouses sur le territoire. Il possède une écologie singulière impliquant la présence d’une plante hôte, la gentiane croisette ou la gentiane jaune, sur laquelle la femelle va pondre ses oeufs.

PIe-grièche écorcheur
La pie-grièche écorcheur qui chaque année, traverse la méditerranée pour nicher en Europe. Insectivore, elle apprécie particulièrement les prairies naturelles qui constituent un réservoir de proies important. La présence de haies et de bosquets lui est également indispensable pour dissimuler son nid et chasser à l’affût depuis la cime des arbres ou des buissons. Elle est notamment bien connue pour faire des réserves de nourriture en empalant ses proies sur les piques des fils barbelés ou sur les épines des buissons.
ÉCOPASTORALISME ET RÉOUVERTURE PAYSAGÈRE
Sur le plan écologique, la restauration du communal a pour objectif de favoriser l’installation de ces milieux et de ces espèces d’intérêt communautaire et/ou patrimoniales. En ce sens, une gestion courante par le pâturage permet de contenir le développement des espèces ligneuses et des herbacées dites sociales comme le brachypode, qui, en l’absence de gestion, colonisent le milieu. Un troupeau de vaches Highlands habitué à consommer des végétations ligneuses, a été choisi pour entretenir et valoriser au mieux les potentialités agronomiques de la parcelle. Bien que moins productifs qu’une prairie, ces pelouses présentent des atouts certains, comme la capacité des végétaux à résister à la sécheresse. C’est le cas par exemple de la fétuque, une plante herbacée, dont le feuille s’enroule sur elle-même pour limiter l’évaporation.
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mares prairiales et forestières
Dans le cadre d’un contrat Natura 2000, la commune d’Onoz a engagé en 2018 la création et la restauration de 9 mares en faveur du sonneur à ventre jaune. Il s’agit d’un crapaud de petite taille, facilement reconnaissable à ses taches jaunes sous son ventre et à la pupille de son oeil en forme de coeur. Rare et menacée en Europe, cette espèce a besoin de points d’eau peu profonds se réchauffant rapidement au soleil.
Créées ou restaurées en différents points de la commune, ces mares forment un réseau de milieux aquatiques indispensables à la reproduction de cette espèce. Elles constituent également un site de reproduction pour d’autres espèces d’amphibiens telles que le triton palmé ou le crapaud commun.